Dakar 2022

Interview de Sylvain BESNARD

Sylvain Besnard, conducteur chez les transports PREMAT participe à son 18ème DAKAR. Retrouvez ses anecdotes et ses objectifs pour 2022 !

Les étapes de l'aventure

Jeddah > Ha’il

Pour les deux Sylvain et Frédéric, le sprint d’une vingtaine de kilomètres de cette première étape a été vécu comme une « mise en jambes ». Un passage nécessaire pour retrouver les bons réflexes, autant pour le pilote que pour le copilote.

Du concentré de dunes

Cette première spéciale était « petite mais costaud » selon Sylvain B. En seulement 20 kilomètres, elle aura donné du fil à retordre à quelques équipages : des passages de dunes techniques, combinés à un terrain mou brassé par des concurrents particulièrement nombreux cette année, en ont piégé plus d’un.

Un beau classement à l’arrivée

Une première épreuve qui s’est déroulée « finger in the nose », comme aime à le dire le pilote du Man. Et ce sont finalement les 600 kilomètres de liaison qui auront été les plus éprouvants. Orage et chute brutale des températures les ont accompagnés jusqu’au bivouac.

Pour ce soir, pas de casse, pas de mécanique. Le trio peut vite se mettre au lit pour une provision de sommeil avant l’étape en boucle qui les attend demain…

Ha’il > Ha’il

Les concurrents avaient été prévenus qu’ils entreraient très rapidement « dans le vif du sujet », et la spéciale de 330 kilomètres a tenu ses promesses ! Du roulant, du cassant, du mou, de la navigation… lors de cette étape 1B rien ne leur aura été épargné.

Une journée éreintante

Les pluies auraient pu contribuer à rendre le sable porteur, mais dès les premiers passages de véhicules, c’est un terrain extrêmement mou qu’il a fallu affronter. Bilan : une consommation anormalement élevée. Nombreux sont ceux qui se sont fait surprendre et se sont retrouvés à court de carburant.

Pas de casse pour les deux CR6

Du côté des deux CR6 assistés, aucune intervention n’a été nécessaire, ce qui a permis l’équipe du Man de rester concentrée sur le parcours. Sylvain B. note qu’une première spéciale est rarement si technique : « c’était du lourd ! ». Grâce à Sylvain L., les pièges rencontrés lors de la navigation ont été évités. Frédéric, pour la première fois en camion d’assistance, a été surpris des capacités de franchissement du Man : « il passe partout ! ».

Le bivouac se remplit au compte-gouttes

Malgré une arrivée plutôt tardive de l’équipe Ric Rallye, pas mal de participants manquaient encore à l’appel au bivouac. Après les quelques contrôles de routine sur le camion et un bon plein de gasoil, le trio peut se coucher serein…

L’étape marathon prévue demain et mardi est annulée : les fortes précipitations ont eu raison du site du bivouac d’Al-Artawiyah, trop inondé pour être utilisable.

Ha’il > Al Qaisumah

L’organisation s’est pliée aux caprices de la météo : il n’y aura eu ni étape marathon, ni bivouac à Al Artawiyah. Les concurrents ont été déroutés vers le bivouac d’Al Qaisumah pour deux nuits. Le tracé initial a néanmoins été maintenu pour une spéciale de 338 km, suivie d’une liaison de 270 km.

Que de sable…

La spéciale avait pourtant bien commencé, un cordon de dunes interminable mais un sable porteur, de nombreuses traces qui ont facilité la navigation… Jusqu’à l’intervention mécanique sur l’un des deux CR6 en difficulté au kilomètre 74. Pendant plus d’une heure, les deux Sylvain et Frédéric ont opéré afin de permettre au buggy de reprendre sa course.

Les dunes et l’obscurité

Ils ont pu repartir sans encombre jusqu’à la « neutral », point de repos et de ravitaillement qui impose un temps d’arrêt de vingt minutes. Mais dès la tombée du jour, « une autre aventure commence » pour l’équipage, comme le raconte Sylvain B. À trois reprises, le Man s’est posé sur le ventre au sommet des dunes invisibles. Pour l’en sortir, les pelles et plaques ont éprouvé physiquement le trio, déjà sur les nerfs en raison des conditions de pilotage. À la fin de la spéciale, une longue liaison nocturne attendait, usant leurs dernières ressources.

Une nuit bien trop courte leur a permis de reprendre quelques forces. Ce matin, le départ pour l’étape du jour, établi en fonction du classement de la veille, se fera en fin de peloton.

Al Qaisumah > Al Qaisumah

La modification dans le tracé de l’étape d’aujourd’hui a tronqué la spéciale d’une centaine de kilomètres. Le décor, lui, reste sensiblement le même : 255 km de sable alourdi par l’eau, et des dunes.

Rapidité et efficacité

Forts de leur mésaventure de la veille, les deux Sylvain et Frédéric ont géré leur parcours de main de maître. Les dunes brassées sont bien plus engageantes en plein jour, et les grandes sections rapides qui séparent chaque cordon leur ont permis d’optimiser leur temps. Leur priorité : terminer avant la nuit. Malgré quelques passages complexes, aucune intervention n’a été nécessaire, ni pour les deux CR6, ni pour le Man. Côté navigation, Sylvain L. a pu apprécier des notes plus espacées qu’à l’accoutumée.

Comme sur des roulettes

Bilan : une arrivée à 20 heures au bivouac, où le trio s’est autorisé douche, repas et temps de pause avant de se mettre au lit pour récupérer des quatre heures de sommeil de la nuit précédente.

« On ne peut pas galérer tous les jours ! » ironise Sylvain B., ragaillardi par cette journée positive. Et il n’est sans doute pas le seul, l’allègement de la partie la plus technique du parcours a été un bon coup de pouce pour les concurrents les plus en difficulté. Espérons que la chance leur sourie encore demain.

Al Qaisumah >  Riyadh

La plus longue spéciale du rallye s’achève, avec ses 465 km. Quelques concurrents se sont laissés surprendre par un début d’épreuve assez chaotique. En cause, de nombreuses saignées qui, franchies à trop grande vitesse, ont provoqué des tonneaux en série.

À la rescousse

Sur ce terrain cassant et pas de tout repos, tout est dans le dosage de la pédale d’accélérateur. Par endroit, il faut franchir de véritables bourbiers. Nos Saint-Bernard ont pu en extraire au passage quelques véhicules en mauvaise posture. Une centaine de kilomètres avant l’arrivée, c’est sur un CR6 appartenant à une équipe d’Afrique du Sud, dont ils n’ont pas l’assistance, qu’ils ont opéré pendant près d’une heure.

Aïe…

La journée s’est terminée par une mésaventure, heureusement sans trop de casse. Une saignée un peu plus mauvaise que les autres a secoué le Man, causant un problème électronique. Résultat : une perte de puissance et un problème de freinage, probablement en raison d’un branchement mis à mal par le choc. La mention spéciale du jour est attribuée à Sylvain L., sacré « roi de la nav » : de jour, les nombreuses traces ont brouillé les pistes et de nuit  le repérage tenait particulièrement de l’exploit lors de cette étape.

Arrivée à bon port, l’équipe n’est pas tout à fait au bout de ses peines puisqu’un peu de mécanique s’impose. Une pensée pour Frédéric, à qui ces premières journées doivent sembler interminables !

Riyadh > Riyadh

Les 400 km de la spéciale du jour ont offert aux concurrents un terrain de jeu typique, comme ils les aiment : une alternance de dunes et de portions rapides, pour le plus grand plaisir des connaisseurs.

Des conditions optimales

Les dunes rencontrées, plus classiques que la veille, étaient aisément franchissables malgré un terrain plus mou, d’où une ambiance plutôt détendue à bord du camion #540. La navigation a bien réservé quelques pièges à Sylvain L., mais il a su les déjouer. Même avec un terrain un peu cassant en fin d’étape, on ne déplore aucun incident.

Une récréation

Le Man s’est élancé sur les pistes de bon matin, après une courte nuit. Mais au fil de la journée, le plaisir de la compétition sans le stress des étapes précédentes a stimulé l’équipage. Et, cerise sur le gâteau, « On a pu profiter de très jolis paysages » sourit Sylvain B. Décidément une belle journée, sans aucune intervention et sans souci mécanique et une arrivée de jour bien méritée.

Ce soir, après un petit contrôle de routine et un coup de dépoussiérage, le trio peut s’offrir un vrai moment de détente en profitant pleinement de la soirée.

Riyadh > Riyadh

Pour la dernière journée de course avant 24 heures de repos, la spéciale de 348 km n’a pas la même saveur que la précédente. Les pistes cassantes se sont montrées féroces, en particulier pour les camions, mettant certains d’entre eux en très mauvaise posture.

Vigilance

Seul objectif pour les deux Sylvain et Frédéric  : terminer cette épreuve le plus rapidement possible, sans casse malgré l’hostilité du terrain, composé d’une succession de grands plateaux. Pari gagné, ils sont arrivés bien avant la tombée de la nuit sans même avoir été appelés pour aucune intervention, et ont même grapillé pour l’occasion quelques places au classement.

Final surprise

L’image du jour restera pour l’équipage du Man celle d’un public nombreux, inédite en Arabie Saoudite. Durant les quinze derniers kilomètres en effet, des supporters et des curieux se sont massés aux abords des pistes pour encourager les concurrents. Un rassemblement qui n’est pas sans rappeler aux habitués du Dakar l’ambiance qu’ils ont connu en Argentine, et dont Sylvain B. garde un bien agréable souvenir.

Enfin, voilà notre trio heureux au terme de cette première semaine hors du temps…

Riyadh

Sur le bivouac de Riyadh, tous les concurrents ont occupé activement ces précieuses 24 heures de repos.

Le bilan à mi-course est unanime : l’ambiance à bord du Man est très conviviale et un bel esprit d’équipe unit les trois compères. Entre un Sylvain B. nerveux et réactif et un Sylvain L. d’un calme olympien, Frédéric ne pouvait rêver être mieux entouré pour sa première expérience en camion. Ses deux acolytes – dont le binôme est bien rôdé après 7 Dakar menés ensemble – se révèlent prompts à le rassurer  lorsqu’un hurlement lui échappe aux abords d’un danger !

Frédéric : une épreuve physique, une expérience hors pair

Après avoir effectué l’entretien des deux CR6 assistés, Frédéric profite de la pause pour faire un point sur cette folle semaine. Malgré les difficultés rencontrées, les grosses frayeurs, le manque de sommeil et les courbatures, il est enthousiaste et prêt à reprendre les pistes demain. La bienveillance de ses deux comparses lui a permis de s’acclimater très vite au rythme du rallye.

Magic Sylvain L.

Sylvain L. s’est assuré que le Man soit en parfait état pour s’élancer sur les pistes de cette deuxième semaine dans des conditions optimales.

Malgré ses craintes, Le roi de la nav s’est adapté facilement à la toute nouvelle tablette qui a remplacé le traditionnel road book sur cette édition 2022. Il découvre que le fait d’avoir les mains libres grâce à cet outil a du bon dans les situations extrêmes !

Pour Sylvain B., un bon bilan de mi-course, une prudence nécessaire

Les retours de l’équipe assistée par le Man sont positifs. La confiance est là, les équipages des deux buggys apprécient l’efficacité et les prestations d’assistance, même s’ils préfèrent quand ils n’en ont pas besoin!

Le pilote restera cependant sur ses gardes : jusque là, la conduite de nuit a été particulièrement éprouvante nerveusement ; en un quart de seconde, le camion peut se coucher sur ce type de pistes. Les prises de décisions doivent donc être extrêmement rapides : la moindre hésitation ne pardonne pas ! Heureusement, « jusqu’ici tout va bien » lance-t-il, jovial.

Sur le bivouac, la fraîcheur de la nuit s’est installée. Seulement 5 degrés, 15 degrés de moins qu’en journée. Les températures remonteront probablement au fil des prochains jours, à mesure que l’altitude baissera. Rendez-vous demain pour un nouveau départ !

Riyadh > Al Dawadimi

Cette septième étape, annoncée comme l’un des « gros morceaux » de la course avec celle de demain, aura incontestablement tenu ses promesses. Des dunes molles plutôt techniques, des pistes cassantes et surtout une poussière aveuglante qui, alliée aux rayons du soleil éblouissants, masquait la piste et ses dangers.

« Une spéciale de m… »

Sylvain B. résume la journée par ce cri du cœur. Le manque de visibilité a causé nombre de difficultés. Sur cette spéciale, les pièges dans la navigation ont contraint de nombreux concurrents à tourner en rond pour trouver leurs waypoints. Résultat : quelques face à face plus ou moins périlleux. Pour corser l’épreuve, des marches en descente se sont succédées jusqu’à une saignée redoutable qui a tellement surpris les occupants du Man qu’ils ont tous les trois poussé un cri d’effroi !

Du positif

Stimulés par leur crainte de se retrouver de nuit dans les dunes qu’ils connaissent trop bien, les deux Sylvain et Frédéric sont parvenus au bivouac au coucher de soleil, in extremis. Par chance, les deux CR6, malgré les difficultés rencontrées, n’ont pas nécessité d’assistance.

La reprise est décidément brutale après une journée de repos qui a rompu le rythme de la course. Mais, comme tous l’espéraient, les températures remontent et la douceur de la soirée aidera certainement notre trio à bien dormir pour repartir frais et dispo demain matin.

Al Dawadimi > Wadi Ad Dawasir

La spéciale du jour longue de 400km, jalonnée de dunes techniques dans sa première partie et plus roulante sur la fin, symbolise parfaitement l’esprit Dakar. Une mise à l’épreuve stimulante à l’équilibre entre franchissement, distance et navigation.

« On s’est régalé »

Le trio l’atteste : c’était une belle étape malgré les nombreux kilomètres et les sections ardues, au milieu de décors extraordinaires de roches et de sable. Les difficultés rencontrées ont demandé de la dextérité, de la réactivité et un soupçon d’improvisation. Rechercher les meilleures voies pour le Man a parfois nécessité de sortir des traces et de prendre quelques risques en tâtonnant. Et les paris du pilote Sylvain B. se sont avérés gagnants aujourd’hui.

Excès de courtoisie…

L’équipe a pourtant rencontré quelques galères. Ces Saint-Bernard du désert ont cédé le passage une fois de trop à un autre camion, et se sont retrouvés plantés dans le sable, contraints de sortir pelles et plaques pour se tirer de ce mauvais pas. Puis c’est un déjantage dans les dunes qui les a occupés trois quarts d’heures. Heureusement, ils n’ont pas eu à intervenir sur les CR6.

À la sortie de la spéciale, il restait encore 270km de liaison à parcourir dont 60km de pistes. Arrivés de nuit au bivouac de Wadi Ad Dawasir, les deux Sylvain et Frédéric ont terminé cette journée par un peu de mécanique avant de pouvoir se reposer. Demain, ils reprendront le départ en milieu de matinée.

Wadi Ad Dawasir > Wadi Ad Dawasir

Des paysages superbes se sont succédés tout au long de la spéciale en boucle de 287 km bien plus courte que les deux précédentes. Des difficultés modérées, quelques tronçons plus complexes et pas mal de poussière de sable : rien d’insurmontable à ce stade de la course.

« Une petite journée tranquille »

C’est ainsi que Sylvain B. qualifie le parcours du jour. Quelques pièges causés par les trop nombreuses traces ont corsé la navigation, mais Magic Sylvain a su les déjouer. De leur côté, les deux CR6 ont également fait une belle course. Encore une étape sans solliciter  le Man, il n’y a rien pour eux de plus positif. Pourtant, l’étape ne fut pas de tout repos pour notre trio…

Quelques déboires

Un Dakar sans son lot de galères n’est pas un Dakar, les deux Sylvain le savent bien et Frédéric le découvre. Aujourd’hui, une poignée de kilomètres avant la neutral (point de neutralisation imposant 20 minutes de pause), une méchante cuvette les attendait. Ils n’ont pas été les seuls à avoir toutes les peines du monde à s’en extraire. Il a fallu quelques manœuvres et une bonne prise d’élan pour sortir le camion de ce mauvais pas. Mais une seconde mésaventure les attendait 50 km avant l’arrivée. Un axe de basculement de la cabine a cédé, forçant l’équipe à terminer l’épreuve à une allure très réduite.

Dommage pour le Man qui a perdu quelques places au classement après une progression constante les journées précédentes. À ce stade de la course, la mécanique commence manifestement à montrer des signes de faiblesse.